Qu’est-ce que la thérapie brève

 

La thérapie brève est un courant thérapeutique venu d’outre-atlantique dès les années 50. Cette approche, nommée également thérapie brève stratégique, s’est démarquée de la psychanalyse classique sans pour autant l’annuler.

C’est à partir des travaux de l’anthopologue Gregory BATESON, appuyés de la pratique hypnotique du psychiatre Milton Erickson, que s’est développé ce courant thérapeutique novateur, pour l’époque. L’école de Palo Alto, le mental research institut ou MRI en Californie, est à l’origine de ce courant thérapeutique très prometteur par ses résultats rapide et pérenne.

Le MRI (Mental Research Institut) accueillera les apports de nombreux spécialistes de la psychlogie, psycho-sociologie, décloisonnant les domaines d’étude. Pour n’en citer quelques uns : John Weakland, Paul Watzlawick, Richard Fish, Jay Haley, Virginia Satir, Nathan Ackerman, Bandler, Grindel,…

Thérapie brève créative Ecole PALO ALTO

Thérapie brève : pragmatique mais pas simpliste

Les thérapies brèves visent à comprendre, non le pourquoi, mais « Comment fait la personne pour se figer dans ses problématiques ». Cette approche thérapeutique va court-circuiter la recherche causaliste pour enclencher un mouvement vers le changement.

Cette démarche postule que les fonctionnements pathologiques individuels se jouent dans l’interaction de l’individu avec son système externe (proches : approche systémique) ou internes (sous-parts : point de vue psychologique Ego State Therapy).

C’est en expérimentant du « Différent » que la personne peut sortir de ces boucles problématiques ou tentatives de solution inadaptées.

Cette approche vise à remettre du mouvement dans ce qui se rigidifie en terme de processus cognitivo-comportemental, en incluant l’émotion, les sensations, les perceptions. Elle vise à changer les processus sous-jacent de la symptomatologie présenté par le demandeur.

La thérapie brève intégrative

Les thérapies brèves ne s’opposent pas strictement à la psychanalyse classique : elles s’en nourrissent. En effet, tout thérapeute se doit de s’approprier les concepts psychanalytiques. Et ce afin d’offrir un angle large et décloisonné dans ses accompagnements. 

DONALD WINNICOTT PSYCHANALYSE OBJET TRANSITIONNEL

En Europe, la cure analytique s’est imposée comme principal outil à la modification pérenne des processus limitants ou dysfonctionnants.

Cependant l’approche de la thérapie brève de l’école de Palo Alto s’est démontrée fort efficace, pour bien des problématiques psycho-pathologiques de notre époque. Aussi ce n’est que tout naturellement, qu’elle s’est imposée progressivement dans les cas de syndrome de stress post-traumatique SSPT, phobies, anxiété, douleurs chroniques, compulsions alimentaires, TOC, insomnies, etc…

Les thérapies dites « brèves » traduisent une promesse qu’il faut pourtant ne pas comprendre comme un simple concept consumériste. La réussite d’une psychothérapie brève revient à la capacité de l’aidé à mobiliser des ressources qui lui sont intrinsèques, pour en accélérer le travail.

Pour cela, le psycho-praticien doit pouvoir rester ouvert dans son accompagnement, sans tomber dans l’éclectisme. Disposer d’une lecture plurielle, utiliser, pour levier, différents outils, reste judicieux pour ne pas enfermer l’aidé dans un dogmatisme thérapeutique.

En effet, il est encore d’actualité de voir des professionnels de l’accompagnement faire plier et adapter le demandeur d’aide à l’outil préféré du thérapeute !

Les thérapies brèves regroupent plusieurs approches, techniques, concepts que l’on peut combiner et intégrer pour une approche intégrative, souple et riche.

Spécificité de l’accompagnement par thérapie brève

La thérapie brève s’attache à « expériencer » de nouvelles alternatives directement dans le présent, sans remédiation du passé. Les longues tergiversations conscientes orientées vers le passé ne constituent pas la base du travail thérapeutique.Travail psychothérapie brève

C’est en dé-cristallisant le processus « pathologique » ou inadapté, que la personne peut retrouver la flexibilité qui lui faisait défaut pour répondre au mieux aux situations conflictuelles ou problématiques.
En trouvant une nouvelle solution écologique et adéquate, l’accompagné découvre à postériori le « pourquoi » de son symptôme évanoui.

La thérapie brève est efficace dès les premières séances. Cependant, le travail thérapeutique peut être plus long pour correspondre à la capacité d’intégration du changement de la personne, selon son objectif. Le respect de l’écologie de l’accompagné doit être un principe fort de l’éthique du thérapeute.

Pour exemple, des personnes présentant certains traumatismes anté-verbaux ou états dissociés, devront prendre un temps plus longs et plus respectueux de leur construction identitaire.

Pour modifier un comportement ou problématique, le principe « des petits pas » sera nettement plus bénéfique, sécurisant et pérenne. Le mouvement créé doit être au plus juste de ce que l’aidé est capable d’assumer et de s’attribuer, pour qu’il accède au plein potentiel de soi.

Responsabilité et autonomie du demandeur d’aide

La thérapie brève, orienté solution, travaille à la responsabilisation, la liberté et l’autonomie de l’accompagné. Seul le demandeur d’aide est à même de juger de ce qui est bon pour lui de changer, selon ses objectifs de vie, ses interactions familiales, sociales et professionnelles.

Une personne aidée sera donc « active », bien que guidée, accompagnée dans ses changements. La thérapie brève postule sur le fait que toute personne détient les ressources nécessaires à sa progression et son bien-être psychologique.

Cependant, le dénouement des problématiques se fait en interaction, dans un cadre thérapeutique sécuritaire. L’émergence des alternatives aux difficultés, vécues par la personne, se créé à partir d’une relation, dans un dispositif non ordinaire propice aux changements de perceptions, compréhension, sensations.

L’approche laisse ainsi à l’aidé, la responsabilité de son succès, de sa victoire, et missionne le thérapeute d’être le catalyseur du plus petit mouvement possible. L’être humain évolue, même influencé par le silence, pourvu qu’il se sente écouté, existé.

Rôle et posture du thérapeute de la thérapie brève stratégique

Alors que d’autres approches thérapeutiques veulent expliquer, d’abord le « pourquoi » des méthodes, la thérapie brève présente une stratégie inverse.

Therapie breve anorexie - Georgio NardoneExpérimenter le changement, est déterminant pour expliquer par la suite son approche. La thérapie stratégique tient parfois à ce détail ! (cf Georgio Nardone, pyschothérpeute italien représentant les thérapies brèves en Europe).

La confiance et l’alliance thérapeutique sont la pierre de voûte indispensable.

L’accompagné peut alors comprendre et intégrer comme il est aisé de s’enfermer dans une boucle dysfonctionnante, et surtout comment en sortir. L’apprentissage qu’il en résulte lui permet alors de grandir et d’améliorer ses stratégies internes pour mieux s’adapter dans sa vie.

Mes approches en thérapie brève

Pour ma part, j’associe la PNL à l’hypnose, et inversement. J’intègre la thérapie des états du moi (Ego State Therapy) au cœur des plateaux hypnotiques profonds ou conversationnels. Cette approche, initiée par les WATKINS, poursuivi, notamment par Maggie Philipps, puis Guillaume POUPARD, permet d’assouplir les frontières entre les différentes expressions du moi, même subtiles.

Ego state therapy Maggie Philipps

La thérapie d’impact est une approche par l’objet qui conduit la personne, dans un espace non ordinaire, propice aux changements de perception. L’entrée de l’objet dans le dispositif thérapeutique permet de travailler de manière plus systémique. Les problématiques familiales, de couples, professionnelles ou sociales pourront être extériorisées, distancées, pour permettre l’émergence de nouvelles alternatives.

Je propose un travail sur le mouvement corporel, véritable porte d’entrée sur les états pré-hypnotiques. Cette dernière permet également au sujet de retrouver une meilleure circulation dans les différentes énergies de l’individu, pour atteindre une homéostasie plus adaptée.

Enfin la thérapie provocatrice, judicieusement et respectueusement menée, peut permettre de ramollir des croyances freinantes, de délier les charges émotionnelles limitantes, de créer un vacillement qui permet une bascule cognitive aidante pour la personne.
Je peux être amené à utiliser la musique comme support ou comme expression (piano, tambour, …). Ma créativité n’a de limite que ce que VOUS souhaitez expérimenter dans le cadre thérapeutique.

 

« Le groupe du MRI maintient que même le plus petit changement effectué
au sein d’un système rigide entraîne une réaction en chaîne qui finit par
modifier le système tout entier. « 

« Une idée, pour peu qu’on s’y accroche avec une conviction suffisante, qu’on la caresse et la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité. »

Paul WATZLAWICK

J‘ai appris au cours des années que j’essayais trop de diriger les patients. Cela m’a pris longtemps pour accepter de laisser les choses se dérouler d’elles-mêmes et d’utiliser ce que les sujets présentaient .”

Un objectif sans date est juste un rêve.”

Dr Milton Erickson

Psychiatre, hypnothérapeute

Avec l’hypothèse d’une absence de maladie corporelle primaire, on peut examiner l’entrelacement progressif du corps et de la psyché d’une personne, et formuler certains principes fondamentaux. 

Extrait de « La nature humaine »

Comprenez-vous qu’on ne peut prendre du plaisir au milieu des choses (ou les supporter si elles sont mauvaises) que si le sentiment que les choses commencent et finissent s’établit fermement ?

Extrait de « L’enfant et sa famille »

Donald W. Winnicott

Penser que si l’on comprend une chose, on pourra la changer est une vieille illusion des êtres humains.

Autorisez-vous une chose, vous pourrez décider de vous en passer ;
Refusez-la, elle deviendra irrésistible.

Georgio Nardone

« Problem talk creates problems, Solution talk creates solutions ».

(La discussion de problème crée des problèmes, la discusion vers les solutions crée des solutions.)

« Il n’est pas réaliste pour le thérapeute de s’attendre à ce que, dès le début, le client connaisse exactement ses objectifs. S’il les connaissait, il n’aurait probablement pas besoin de thérapie. »

Steeve de Shazer

« L‘information sur une différence est … l’atome indivisible de la pensée.

Gregory BATESON, initialement anthropologue, sera précurseur aux travaux de John GRINDER et Richard BANDLER, fondateur de la PNL. Ces derniers iront également absorbé les études de CHOMSKY et KORYBSKI, et publieront leur premier livre : la « Structure de la Magie ». La programmation neuro-linguistique est un modèle de communication, permettant l’ouverture vers le changement. Ce modèle n’est cependant une science dure !

Gregory BATESON